Un bel héritage sans droits de succession….

“C’est fou ce que tu ressembles à ta mère!” Cette phrase, mon amie Caroline l’entend depuis son adolescence. Inutile de nier qu’elle est très flattée par leur ressemblance physique…Mais il lui est impossible de l’appliquer à leur façon de fonctionner car elles sont radicalement opposées. Sa mère accumule tout et n’importe quoi, sous toutes sortes de prétextes, de “ce sont juste des petites choses rigolotes et pas chères” à, émue, “ce sont vos affaires de classe du CM2″ - sans oublier, pire encore, “vous le vendrez quand je serai morte pour vous faire de l’argent”….Elle, elle ne s’encombre de rien - ressemblant ainsi à son père, qui ne sait rien garder, même ce qu’elle aimerait ou aurait aimé récupérer.

Entre le “au cas où” ou le “on ne sait jamais” et “après moi le déluge”, il y a certainement un chemin à suivre en commun.

Devoir faire le tri, vider un intérieur à la suite d’un décès est très éprouvant pour ceux qui restent. Vivre son deuil, intérioriser sa légitime tristesse n’est déjà pas facile - alors s’encombrer d’une charge affective inutile… Découvrir alors des choses qui ne nous regardent pas, comme des lettres d’amour - ou devoir décider de jeter ou vendre ci ou ça, c’est ajouter la peine à la peine…

Rendre service à ses enfants et les aider dans cette période qui sera, forçément, très difficile à vivre n’est pas si compliqué. Il suffit d’en prendre conscience et de s’y mettre dès maintenant!

Sans oublier que les enfants de ces enfants seront encore plus loin de ces souvenirs - au point même de s’y sentir totalement étrangers. Pour que petits-enfants puis arrière-petits-enfants s’inscrivent dans l’histoire de la famille et en perpétuent le souvenir, il suffit de penser à partager quand il est encore temps. Faire un arbre généalogique n’est pas si compliqué si l’on s’en tient à sa propre mémoire. Ecrire ses mémoires est aussi un bon moyen pour laisser une vraie trace de ce qu’a été une vie.

Ce sera alors un très bel héritage, à se transmettre de génération en génération et, en définitive, plus utile qu’une robe de mariée défraîchie et 10 menus de baptême jaunis.

Quelques gestes simples…

  • Trier les papiers, factures et autres correspondances pour éliminer ce qui est inutile ou, si on n’arrive pas à s’en débarrasser, le ranger dans un carton étiqueté “à brûler après ma mort”.
  • Classer les photos de famille en indiquant clairement qui est qui. “cousine Jeanne avec l’oncle Henri” ne suffira pas aux générations suivantes si on ne précise pas les dates (même approximatives) et les liens de famille. Les photos non identifiables peuvent passer directement à la poubelle!
  • Se débarrasser des vieux vêtements, de la vaisselle ébréchée, des objets accumulés dans les placards et jamais utilisés. Jeter ce qui doit l’être et donner dès maintenant ce qui peut faire plaisir à l’un ou à l’autre.
Classé dans : organiser, désencombrer, ranger, gagner de la place le 1 octobre 2008

4 commentaires (Laissez un commentaire »)

  1. J’apporte un témoignage personnel !

    Lorsque j’ai fait ta connaissance il y a trois ans, j’étais plutôt sceptique sur tes conseils pour mieux profiter de l’espace de mon appartement en rangeant plus rationnellement et en me débarrassant de divers objets gardés par sentimentalisme excessif ou « parce que cela peut toujours servir».

    Mais la semaine dernière, je suis allé avec ma sœur vider la maison familiale :

    180 m² habitables au bas mot et environ 250m² de grenier. Quelle naïveté de notre part : en application des deux principes évoqués ci-dessus, nous nous sommes retrouvés en présence d’un inventaire à la Prévert : vêtements des grands-parents, factures d’électricité depuis 1946, totalité de nos bulletins de notes (et beaucoup de cahiers), vieux jouets hors d’usage, bois de lit vermoulus, skis en bois, centaines de diapositives non étiquetées, faire-part de naissance, de mariage et décès, menus de baptême, communion et mariage dont certains de la fin du XIXème, plans de table, portraits encadrés d’inconnus guindés…

    Devant l’ampleur de la tâche, nous avons tout jeté, brûlé ou donné à Emmaüs ; ma sœur s’est même débarrassée de sa couronne, de son voile et de sa robe de mariée. Les objets dont nous ne voulions pas qu’ils tombent entre des « mains impies », nous les avons cassés ensemble retrouvant ainsi la complicité de notre enfance. Certes, je suis conscient qu’en agissant ainsi, nous avons privé des chercheurs d’une étude sans doute extrêmement intéressante sur l’évolution des repas de fête dans une famille française de 1892 à 2008 mais je ne culpabilise pas pour autant ! En revanche, si j’avais fait appel à toi, sans doute aurions-nous pu valoriser cet héritage. J’avoue avoir fauté, j’ai désencadré certains inconnus guindés pour conserver les cadres dans ma cave puisque je n’en ai aucune utilité, pardon!.

    Conclusion : à peine rentré, j’ai commencé à jeter et à réorganiser ma bibliothèque. Ma sœur, quant à elle, a commencé à remplir des cartons pour Emmaüs avec tout ce qu’elle n’avait pas utilisé depuis trois ans et fait des cartons d’archives pour chacune de ses trois filles !!!!

    Alors, si je puis donner un conseil à tes lecteurs : pensez à vos enfants lorsque vous décèderez ! Ne les confrontez pas à faire face, outre le deuil, à des moments aussi éprouvants émotionnellement; j’aime bien ton idée d’écrire ses mémoires, c’est engrangé. Je vais m’y mettre en commençant par tous les souvenirs que j’ai conservé des propos de mes grands-parents et parents qui ont vécu des choses intéressantes à transmettre à mes propres petits-enfants.

    Merci pour tes conseils

    Jean-François

    Commentaire par Jean-François — 1 octobre 2008 @ 18:34

  2. Article très intéressant pour un sujet délicat… Cela me fait penser à la collection de “Télé 7 jours” de ma grand-mère de ces 30 dernières années !

    Commentaire par Seb — 3 octobre 2008 @ 12:18

  3. je suis remuée de l’intérieur par ces considérations matériello-sentimentales. Vous voulez rire, j’espère!!! Balancer aux orties mes souvenirs sous prétexte que mes enfants risquent de tomber dessus? Parce qu’on planifie sa mort? On doit prévoir son décès pour là, demain? Autant il y a des okazou qu’il vaut mieux bazarder en tous temps, m’enfin les cahiers des enfants, les souvenirs, les revues qu’on aime, les trucs débiles tout le monde en collectionne! Vous préconisez un intérieur appartenant déjà au futur… et donc pas à nous.

    Commentaire par Bagheera — 16 octobre 2008 @ 21:39

  4. réaction au message de Bagheera…

    grossière erreur! Le homeorganiser ne balance pas à la poubelle tout souvenir ou objet auquel nous sommes attaché !!!
    Je suis personnellement bien contrainte de vivre avec mon époque - qui ressemblerait apparemment à votre futur ;-) ! L’espace de nos appartements urbains n’a plus rien en commun avec celui des demeures de nos aïeux, la mobilité dans nos carrières professionnelles et celle de nos enfants dans leur parcours d’étudiant imposent de nouvelles façons de vivre et de penser qui débarrassent notre subconscient et notre intérieur de tout ce qui nous encombre !
    Détrompez-vous, j’ai encore aujourd’hui chez moi, après 5 déménagements sur 3 continents en 6 ans, les doudous et journaux préférés de mes deux ados de filles, mes lettres et photos top secrètes, mes vieux moules à tarte cabossés de ma “première” vie, etc…
    Après le passage de Cyrille, TOUT RES-PI-RE et je retrouve enfin du temps pour moi au lieu de perdre des heures à chercher un truc forcément égaré dans je ne sais quel placard, quel pièce ou voire à la cave !

    Commentaire par Fan — 24 novembre 2008 @ 13:17

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